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Welcome to Jerome Le Banner's official website

Jerome Le Banner (JLB) is one of the most talented and popular athletes of the combat sports world. He holds several world and european heavyweight titles in kick-boxing, muay thai and full contact. Considered as one of the biggest punchers in kick-boxing history, JLB is one of the most famous K-1 fighters and by extension the best known kickboxer in the world.


Since 2006, his charisma and his natural acting qualities attracted a lot of movie producers. So, 'Geronimo' (as the fans call him) will feature in several movies from 2007. (Scorpion, Astérix aux Jeux olympiques, Babylon AD, Disco...)


You´ll find here all sorts of JLB content: exclusive news and interviews, videos, pictures. And the new "shop Le Banner" will present JLB´s new clothing line (t-shirts, sweat-shirts, shorts...) and also a variety of goodies such as rare items for fans and collectors!

Séquence Rétro 1995 : Début de l'aventure K-1
mercredi, 10 octobre 2012

Après une année 1994 où il remporte le titre de champion d'Europe ISKA de Full Contact à Elbeuf face à l'anglais Andy Mayo, et après avoir combattu victorieusement à plusieurs reprises en Afrique du Sud où il remporte à Johannesburg le titre mondial RCFA et devient également champion Intercontinental ISKA toujours dans les règles du Full Contact, en battant par décision unanime le redoutable Mike Bernardo, chez lui au Cape Town, Jérôme Le Banner est invité en mars 1995 à participer aux éliminatoires du K-1 Grand Prix, grand et prestigieux tournoi de kickboxing japonais réservé aux 16 meilleurs combattants poids lourds de l'année, sélectionnés pour leurs performances. Malgré n'avoir jamais boxé en boxe thaïlandaise, JLB accepte le défi.


A l'époque, c'est par l'intermédiaire de Paul Hennessy, agent anglais et responsable important de la prestigieuse fédération ISKA, que le K-1 recherche des combattants talentueux pour le tournoi.

Paul Hennessy décidait de prendre conseil auprès du spécialiste français des sports pieds/poings, Jean-Paul Maillet, qui contactait Pascal Igliki, journaliste du magazine Karaté Bushido, anciennement représentant français de l'ISKA et promoter/matchmaker, qui proposait alors, Jérôme Le Banner. C'est grâce aux efforts conjoints de ces 3 personnes que JLB intégra l'organisation du K-1.


Le 3 mars au Nippon Budokan de Tokyo, lors de la phase éliminatoire du tournoi, Jérôme Le Banner est donc opposé au Thaïlandais Nokveed Devy, 7 fois champion du célèbre Lumpinee Stadium de Bangkok.

Son entraîneur de l'époque, René Pollet, étant dans l´impossibilité d'effectuer le déplacement, c'est Pascal Igliki qui accompagne et est présent dans le coin de Jérôme Le Banner pour ce premier combat en terre nippone.

Après un combat disputé, Jérôme Le Banner s'impose par décision unanime des juges et se qualifie pour la grande finale à 8 du tournoi.

"Ils m'ont opposé le champion de Thaïlande, rien que ça ! Mais je l'ai détruit et j'ai gagné ma place pour le tournoi final, deux mois plus tard."








Pour se préparer et faire la transition complète avec les règles du K-1 (notamment les coups de genoux), Jérôme Le Banner se déplace à Rouen et fait appel à Robert Rite, entraîneur du Swaying Naja Camp, qui va lui faire travailler les techniques spécifiques du muaythai.

"En 6 mois, il m'a énormément appris. Il m'a imposé la ponctualité à l'entraînement, la sieste comme les Thaïs. Il a une grande faculté d'écoute. Bien qu'il ne mesure qu'1m70, il arrive à me faire bouger en corps à corps ! Avec lui il n'y a pas de temps de repos, je n'ai pas le droit d'être fatigué. Des fois j'ai envie de lui faire mal !"








Deux mois plus tard, le 4 mai, au Yoyogi National Gymnasium de Tokyo, a lieu la finale du K-1 Grand Prix 1995. Les 8 participants vont s'affronter pour déterminer le meilleur combattant de pieds/poings au monde, quarts, demie et finale lors de la même soirée.


Ci-dessus, Jérôme Le Banner en compagnie de son entraîneur de l'époque Robert Rite et du fondateur du K-1, Kazuyoshi Ishii.

Le Banner met KO Satake, le matador local

En quart de finale Jérôme Le Banner affronte la star japonaise du Karaté Seidokaikan, Masaaki Satake.

"Quand je suis monté sur le ring pour mon premier combat, le public grondait... Il attendait mon adversaire, le Jean-Claude Van Damme japonais ! Un boxeur qui tourne dans de nombreux films."

Le matador local, Masaaki Satake, monta sur le ring face au français Jérôme Le Banner. Les spectateurs agitaient des drapeaux japonais en masse et la salle, comble, en était recouverte. Chaque attaque de Satake était accompagnée de la jubilation des spectateurs. Mais les occasions se firent rares : en effet, le Français montrait son côté le plus dur. Il ne cessa d'assener le Japonais de lowkicks à l'intérieur des jambes, ce qui ne fut pas sans effet sur Satake. Exposé à une telle pression, il n'avait alors plus qu'un seul but : ne perdre, si possible, que par le nombre de points. Cependant, là aussi il avait compté sans le talent de Le Banner. Ce dernier fit grimacer le matador local sur un middle kick au foie et le fit s´écrouler sur un crochet gauche en contre. Le Japonais qui tombait immédiatement sur les genoux pour s'écrouler sur le sol du ring et y rester KO.







"Nous disposions de vingt minutes entre chaque combat. Le plus dur ? Revenir dans les vestiaires en sachant qu'il fallait repartir..."

Le Banner/Bernardo : un combat bien mené par le Français

Le premier combat de la demi-finale fut les retrouvailles avec le Sud-Africain Mike Bernardo qu'il avait battu aux points l'année précédente pour le titre Intercontinental ISKA de Full contact au Cap Town. Ils se faisaient face sur le ring et s'observaient d'un air sombre, lorsque que Bernardo se jeta sur le Français et l'embrassa, ce qui ne manqua pas de surprendre ce dernier. Les spectateurs éclatèrent de rire et même Le Banner ne put retenir un sourire. Mais le gong retentit et il n'y eut soudain plus aucune trace de romantisme. C'était le passage en finale qui était en jeu, et les deux adversaires savaient qu'ils jouaient le tout pour le tout.

Le Français commença le combat par quelques lowkicks très forts dans les cuisses de son adversaire, ce qui lui apporta une légère avance aux points. Le Banner eut l'occasion d'utiliser sa technique de genoux à plusieurs reprises et ceci lui valut de nouveau plusieurs points. Après un moment Bernardo réussit une bonne attaque du poing à la tête et le nez de Le Banner se mit immédiatement à saigner. Le Sud-Africain Bernardo saisit l'occasion et passa tout de suite à une nouvelle attaque des poings. Le gong, qui sonna à la fin du deuxième round, délivra le Français du harcèlement de son adversaire.

Jérôme Le Banner avait bien récupéré pendant la pause et son entraîneur lui avait donné de nouvelles instructions. Dès la reprise du combat, il tint le très fort Sud-Africain à distance à l'aide de lowkicks, plus même, il exerça à son tour une très forte pression sur Bernardo : il lui assena sans cesse des lowkicks, toujours sur la jambe gauche et au même endroit. Bernardo souffrait tant qu'il ne pouvait pratiquement plus tenir debout. Pourtant, malgré la douleur, Bernardo laissa sa jambe gauche en avant. Erreur de poids, car Le Banner lança un quatrième lowkick qui ne manqua ni son but ni l'effet recherché. Mike Bernardo s'écroula et ne put se relever.

Un combat intelligemment conduit par le Français et une victoire méritée. Ainsi, il allait donc participer à la finale.







"Seulement voilà, dans la première reprise, il m'a mis un coup de genoux qui m'a cassé le nez."

Le médecin tentera bien de dissuader Jérôme Le Banner de disputer la finale contre le hollandais Peter Aerts, vainqueur du tournoi l'année précédente. Peine perdue...

"C'était trop important pour moi. Mais l'expérience était de son côté. Obligé de lever ma garde à cause de mon nez cassé, il m'a alors cadré au plexus et m'a mis KO dans la première reprise. J'étais bien sûr un peu déçu. Mais ensuite les japonais sont venus me voir pour me proposer une revanche contre leur star."

Finale Le Banner/Aerts : 150.000 dollars pour le vainqueur

Dès lors il s'agissait donc pour les deux finalistes, le Français Jérôme Le Banner et le Hollandais Peter Aerts, de gagner la plus grosse part du gâteau, et celle-ci était de 150 000 dollars sous forme de chèque payable au comptant.

Le Hollandais cadre et place un highkick. Le Français contre en lowkicks. Sur une accélération en poings, Aerts touche Le Banner au visage. Celui-ci réplique aux poings mais se laisse enfermer dans un coin, la garde très haute pour protéger son nez. Il ne pourra éviter la terrible droite au plexus et met un genou à terre, souffle coupé. L'arbitre arrête le combat. Ainsi Peter Aerts remportait le Grand Prix 1995.







Le fair play de Peter Aerts

A l'issue du tournoi de Tokyo, le champion Hollandais a pris le micro sur le ring pour saluer le parcours du jeune Français qu'il venait de vaincre et l'a félicité pour son esprit sportif.

Pour sa première participation, et à seulement 22 ans, Jérôme Le Banner marque les esprits en atteignant la finale du K-1 Grand Prix (Plus jeune combattant à atteindre la finale du tournoi du K1 GP). L'histoire est lancée.





Geronimo est la révélation de l'année en boxe thaï. Et il n'est pas près de fumer le calumet de la paix. Même sous les drapeaux.

Le nouveau venu de cette rentrée des classes, chez les lourds, a stupéfié les spectateurs japonais au mois de mai dernier en se hissant en finale du tournoi des 200 000 dollars organisé à Tokyo.

"Je veux prouver qu'un lourd peut être aussi agile, aussi souple et rapide qu'un autre"

Ce boxeur au physique de golgoth, passionné de combat depuis son plus jeune âge, a de qui tenir. "J'ai commencé par le judo à 5 ans avec mon père. On l'appelait le "Taureau de Normandie" car c'était une force de la nature. Il travaillait à l'époque comme routier et il a même été champion de France des lourds de boxe anglaise, en 1963." A l'âge de 12 ans, "pleine vague Bruce Lee", Jérôme débute le karaté. Il souhaite également se tourner vers la boxe mais sa mère le lui interdit. "Mon père était toujours en train de se battre, moi j'adorais le voir. Surtout qu'il avait toujours le dessus mais ma mère ne supportait pas de le voir arriver le week-end avec l'oeil dans le sac." Aujourd'hui assagi, son père est devenu son homme de coin, celui qui encourage et panse les blessures. "Il est d'une nature celtique, bagarreur. Je me souviens lorsqu'ensemble on parlait de guerriers vikings ou apaches." Attiré par l'effort, Jérôme tente ensuite de s'aventurer en triathlon mais doit mettre un terme à ses velléités : "J'étais trop lourd et en natation je ramais vraiment."

J'aimais voir mon père se battre

C'est à 18 ans qu'il franchit la porte de l'Espace Fitness du Havre pour débuter la boxe américaine sous l'égide de René Pollet. Acharné de l'entraînement, il se rend tous les jours à la salle. De 15 heures à 17 heures il fait de la musculation, puis il enchaîne par de la boxe entre 17 heurs et 20 heures. Son modèle de l'époque est Yip Man, un vieux maître de kung-fu de Hong-Kong, qui a appris le wingchung à Bruce Lee : "Je me rendais à Paris pour acheter du matériel d'entraînement. Tout y passait, mannequin de bois, assouplisseur de jambes. J'achetais aussi énormément d'ouvrages en anglais, cela m'a permis de me perfectionner dans la langue de Shakespeare. A 18 ans je pesais déjà 92 kilos et j'avais à coeur de prouver qu'un lourd pouvait être aussi agile, aussi souple et aussi rapide qu'un autre." Fort accaparé par les sports de combat, "Geronimo" parvient malgré tout à décrocher son Bac D, axé sur les sciences naturelles et lui permettant de s'orienter vers une carrière dans les Eaux et Forêts.

Pourquoi pas boxer Tyson ?

Actuellement appelé sous les drapeaux à proximité de chez lui, au DTIMA du Havre, Jérôme ne laisse pas pour autant sa passion de côté et continue à s'entraîner comme un forcené : "Je me lève tous les jours à cinq heures pour aller courir une petite heure avant de revenir au régiment pour l'appel du matin." Il travaille sa boxe avec Robert Rite et il est suivi par un diététicien qui s'occupe également des footballeurs du Havre. La suite de sa carrière, déjà bien lancée, se présente donc sous les meilleurs auspices. S'il obtient une permission de la part des autorités militaires, il devrait partir à Tokyo, début septembre, pour y rencontrer, une nouvelle fois, le Japonais Satake qu'il avait atomisé lors du tournoi des 200 000 dollars. Il a conservé un souvenir très fort de son passage sur l'archipel du soleil levant : "C'est la frénésie totale, les gens vous embrassent les tibias." Le Banner s'apprête également à signer un contrat, portant sur quatre combats avec le promoteur nippon Ishii. Il souhaite également disputer une revanche face au hollandais Peter Aerts et bien sûr affronter le terrible Schuster : "C'est un bon, il a l'esprit typiquement américain. Lorsqu'il monte sur le ring, c'est pour gagner. Toutefois, j'ai un léger avantage sur lui grâce au rapport taille-poids." Jérôme n'exclue pas non plus une carrière en anglaise : "Il faut progressivement franchir les étapes, championnat de France, d'Europe..." et pourquoi pas, un jour rencontrer Tyson qu'il admire ?


Au DTIMA du Havre, Jérôme continue de s'entraîner comme un forcené.


Ce que je veux c'est gagner

Même si certains affirment qu'il manque encore d'expérience, Jérôme, en plus de son gabarit hors normes, possède une arme redoutable : sa détermination. "En France, rappelle-t-il, on aime bien ceux qui perdent avec panache, surtout après de longs affrontements. Moi je me fiche de la gloire, ce que je veux c'est gagner, si possible par un KO dans les premières secondes du combat !"



Jérôme Le Banner est rappelé par les dirigeants du K-1 et participe au K-1 Revenge II, le 3 septembre à Yokohama, évènement ayant pour thème "Kickboxing vs Karaté". Il affronte le Karatéka hollandais John Kleijn. Et après un premier round difficile, JLB revient et s'impose dans la seconde reprise sur une série de punchs. Les Kickboxers s'imposeront 5 à 2.






Interview et analyse pour le magazine Gladiateurs

GALDIATEURS : Salut Jérôme, heureux de te revoir. Peux-tu nous commenter les évènements récents de ta carrière ?
JEROME LE BANNER : Bonjour à tous. Depuis le 3 septembre, date à laquelle j'ai battu le Hollandais John Kleijn par KO à la 2ème reprise à Nagoya au Japon, je n'ai pas cessé de m'entraîner chez Robert Rite pour progresser encore.

G : Comment as-tu abordé ce combat face à ce dangereux combattant Hollandais ?
JLB : Quelqu'un m'a dit un jour que de combattre un Hollandais c'est se préparer à de longues nuits d'insomnie tant ces types là sont durs au mal. Il n'avait pas tort car John était prêt pour ce combat, tout comme je l'étais moi-même. Il a fait d'énormes progrès en boxe anglaise aisni qu'en techniques de jambe. J'ai été surpris par sa souplesse pour un lourd qui pèse quand même 130 kilos. Malgré tout j'avais confiance et je n'ai jamais été inquiété. Je l'ai finalement couché au 2ème round.

G : Quels sont tes prochains adversaires ?
JLB : Je repars pour le Japon le 5 décembre, et je boxerai une nouvelle fois à Nagoya le 10 pour un combat où je serai opposé au fameux Suisse Andy Hug. Ensuite je viendrai combattre à Paris le 27 janvier devant les caméras de Canal + et dans un gala organisé par Samy Kebchi. Mon adversaire sera l'anglais Hérod, un bon combattant. Ce soir là, je vous garantis que ça va taper fort. Quant à mon combat contre Andy Hug j'ai confiance malgré sa grosse réputation et l'image qu'il s'est forgé là bas notamment grâce à ses nombreux sponsors.

G : Penses-tu avoir progressé avec ton entraîneur Robert Rite ?
JLB : Il faut demander à Robert. Toutefois après la séance de pao de ce matin Robert ne pouvait plus bouger ses bras. Je pense donc avoir pris un peu de puissance ! (rires de Jérôme que je soupçonne avoir ainsi réglé certains comptes avec son entraîneur).

G : Sur quoi est actuellement basé ton entraînement ?
JLB : Sur tous les compartiments de la boxe Thaï. A chaque moment de mon programme je me défonce car je sais que je suis encore perfectible. Je n'ai pas encore atteint mon véritable potentiel et je ne suis pas content si un entraînement ne m'a pas apporté de nouvelles sensations.

G : Selon Robert Rite quels sont les domaines où tu dois progresser ?
JLB : Dans un premier temps, je dois affûter ma technique de boxe anglaise. Pour progresser je mets les gants avec Jean-Christophe Mendi quand il le peut. Je tiens à le citer car il va partir aux jeux d'Atlanta et il représente l'une des meilleurs chances de médaille pour la France. Je tourne aussi très souvent avec Medric Moberge qui est vice champion de France et tous les combattants du Boxing Club Rouennais qui font entre 80 et 110 kilos en moyenne. Bien sûr avec Robert je m'entraîne beaucoup en techniques pures de boxe Thaï afin de continuer à progresser.

G : Tu es une vraie star au Japon, ces journalistes Japonais sont là pour en témoigner. T'offres t'on les mêmes propositions en Europe et particulièrement en France ?
JLB : Non bien sûr. Au Japon le public est véritablement fanatique de ce genre de rencontre. Il y'a plus de 15 000 personnes à chaque gala. En Europe ce n'est pas la même chose, la boxe Thaï n'est pas perçue ici avec la même ampleur. Aussi l'essentiel de ma carrière est-il encore orienté aujourd'hui vers le Japon.

G : Ton entraîneur est-il à la base de ce plan de carrière ?
JLB : Oui. Grâce à lui j'évite certains pièges que l'on rencontre obligatoirement quand l'argent rentre en ligne de compte. De plus, au Japon les contacts ont déjà étté établis depuis plus d'un an. Forcément on a appris à se connaître et le marché est nettement plus ouvert là bas.

G : Actuellement tu es toujours à l'armée. Comment s'organisent tes journées et ton commandement t'a t-il facilité la tâche pour ton entraînement ?
JLB : Je dois dire que malheureusement je n'ai reçu aucune aide de mon commandement et le problème sera celui des gardes que je dois effectuer jusqu'en mars. Cela m'empêche de bien récupérer après mes entraînements et alors la fatigue se fait sentir. Heureusement de bons camarades me remplacent de temps en temps pour que je puisse dormir.

G : Ce soir, mais pas ici à Marseille, l'Américain Schuster rencontre le frère de Rick Roufus. Quel est ton pronostic sur ce combat ?
JLB : Beaucoup prédisent la victoire de Roufus car il a battu auparavant Stan Loginidis par KO grâce à sa droite qui a l'air d'être puissante. Personnellement je le trouve un peu lent mais peut-être a t-il progressé depuis. Cette droite risque de faire la différence face à Schuster mais franchement je ne veux pas me lancer dans des pronostics.

G : Dans la salle, il y'a Rickson Gracie. Désirerais-tu combattre dans sa discipline ?
JLB : Il y'a deux jours on m'a téléphoné pour combattre aux USA dans ce style. Mais franchement je ne suis pas chaud. Je préfère évoluer dans le sport qui est le mien aujourd´hui. L'Ultimate n'est pas un sport et les blessures sont fréquentes. Je ne veux pas me briser les mains et mettre en péril la carrière que je désire suivre dans ma discipline de prédilection. Enfin je veux dire que le système Ultimate déssert, à mon sens, l'image du sport en général et il entretient une sorte de confusion dans l'esprit des gens qui ont alors la fâcheuse tendance à tout confondre.

G : Pour terminer Jérôme, y-a-t-il un message que tu voudrais passer à tous les jeunes qui liront cette interview et qui aimeraient suivre tes traces ?
JLB : Tout d'abord de garder confiance en eux. Et s'ils veulent combattre chez les poids lourds qu'ils prennent du poids sans négliger la rapidité. Autrement si d'aventure d'autres jeunes combattants français désirent aller faire carrière au Japon, je serais là pour les y aider.



Portrait

Figurant parmi les tous meilleurs super-lourds de la planète, Jérôme "Geronimo" Le Banner devrait faire vibrer le Palais des Sports de Levallois le 19 janvier prochain. Avant ce premier rendez-vous parisien, il fait le point sur sa carrière avec Pascal Igliki.

En mai dernier, à Tokyo, Jérôme "Geronimo" Le Banner faisait sensation en arrivant jusqu'en finale du prestigieux tournoi, le K1. Pour sa première apparition aux côtés des meilleurs (Hoost, Satake, Longinidis, Bernardo, Aerts etc.), le Français a prouvé qu'il faisait partie des meilleurs super-lourds de la planète. Une surprise ? Non. Ceux qui ont toujours cru en lui savaient que Jérôme était amené à faire une grande carrière. Tout d'abord adepte de Boxe Américaine avec plusieurs titres à la clé, Le Banner, après son succès japonais, a décidé de ne plus évoluer qu'en Boxe Thaïlandaise, et éventuellement en Kickboxing, mais si les propositions sont intéressantes. Geronimo s'est entretenu avec Pascal Igliki.

Karaté Bushido : "Souviens-toi de cette phase finale du K1. Parle-nous de ton parcours .
Jérôme Le Banner : En quart de finale j'ai rencontré le Japonais Satake. Je n'ai pas douté un seul instant de ma victoire. Il fallait absolument que je me préserve pour les combats suivants. Durant les deux premiers rounds, j'ai géré mon match. Dans le troisième j'ai mis le paquet et je l'ai mis KO. Ensuite, j'ai retrouvé Mike Bernardo. Un combat revanche puisque je l'avais battu aux points chez lui en Afrique du Sud, dans les règles de la Boxe Américaine. Connaissant parfaitement sa technique - de très bons poings (puissants), et de bonnes jambes - j'ai axé ma stratégie sur l'esquive et le contre, mais également sur les lowkicks, car j'ai remarqué qu'il ne savait pas les bloquer. Dans le début du combat j'ai tout de même commis une erreur tactique : je voulais absolument le battre sur son terrain, c'est à dire par les poings. A cause de cela, je me suis fait fracturer le nez. J'ai donc repris mon travail de destruction en lowkick et je l'ai couché pour plus du compte. Sans vouloir trouver d'excuses, je ne suis pas monté en finale face à Aerts en possession de tous mes moyens. Ceci ne retire rien à sa victoire.

KB : Que t'a-t-il manqué pour gagner ce tournoi ?
JLB : Bien évidemment, l'expérience du ring et la blessure au nez m'a handicapé. J'ai malgré tout démontré que l'on pouvait, avec seulement quatre mois de Boxe Thaïlandaise, faire quelque chose de positif.

KB : Présente-toi à nos lecteurs.
JLB : J'ai 22 ans, je mesure 1,92 m pour 110 kilos. Je suis né au Havre mais d'origine bretonne.

KB : Peux-tu nous faire un récapitulatif de ta carrière ?
JLB : J'ai commencé par la Boxe Américaine avec René Pollet au Havre. J'ai été Champion de France (ISKA), d'Europe (ISKA) et du Monde dans un organisme américain peu connu. En fait, j'ai fait mes combats les plus durs à l'étranger. J'ai également souvent combattu à Elbeuf. A cette époque, le seul magazine qui s'intéressait à moi était Karaté Bushido. Ensuite, je sais que tu as fait le forcing auprès de certaines personnes afin que cela bouge pour moi. Grâce à ça j'ai eu la proposition du Japon. En changeant de style, j'ai donc changé d'entraîneur pour un spécialiste du Muay Thaï, Robert Rite. On a fait du bon boulot.

KB : Qu'est-ce qui a changé pour toi ?
JLB : Après cette finale du K1, de nombreuses personnes se sont intéressées à moi. J'ai également eu des propositions par Sami Kebchi. De plus, je combats régulièrement au Japon.

KB : Comment se passe une semaine type pour Jérôme Le Banner ?
JLB : En ce moment il y'a l'Armée. Je me lève tous les matins à six heures. Je vais courir trois fois par semaine. Trois fois par semaine je me rends à Rouen, et le week-end, musculation au Physic Forme du Havre.

KB : Et lorsque qu'il n'ya plus l'Armée ?
JLB : Footing le matin, musculation et boxe, boxe et toujours boxe.

KB : Tu n'as pas de problème pour les sparrings ?
JLB : Non ! J'ai des sparrings attitrés comme David Mesta, et des types assez lourds qui viennent du Kyokushinkai. Pour l'Anglaise, je suis au B.C.R. et je tourne avec entre autres Mendy, sélectionné pour les J.O. Je dois énormément à tous ces garçons.

KB : Aura-t-on enfin l'occasion de te voir boxer en France et sur Canal + ?
JLB : Oui ! Le 19 janvier face à l'Anglais Tyron Herod et en juin, certainement contre Curtis Schuster.

KB : La transition Full/Thaï n'a pas été trop difficile ?
JLB : J'ai fait le grand saut. Je suis un guerrier ! Je n'ai pas vu la différence. J'ai été pris en main par un type qui m'a appris à souffrir. Durant deux mois cela a été infernal. Lorsque je vais à Rouen, ce n'est pas une partie de plaisir : c'est l'entraînement total.

KB : Que te faut-il pour remporter le prochain tournoi au Japon ?
JLB : Un courage énorme. C'est une compétition très difficile. Ca ne finit pas au sol ! Pour gagner, il faut rester debout. La préparation est complètement différente de celle d'un grand combat.

KB : De tous les super-lourds que tu as côtoyés, lequel t'a le plus impressionné ?
JLB : Tout d'abord, le Thaïlandais Nokweed Devy que j'ai rencontré lors de la sélection. Un combattant hyper vaillant. Sinon, Hoost, Aerts et Bernardo.

KB : Et celui que tu aimerais rencontrer ?
JLB : Andy Hug, que j'aurai boxé le 9 décembre à Nagoya au Japon. C'est une très grande star au Pays du Soleil Levant. Lui, je le veux vraiment ! Et bien évidemment Peter Aerts. Pas en tournoi, car tu prends trop de coups. Non ! En cinq rounds de trois minutes.

KB : Parle-nous du public japonais ?
JLB : Ce sont des fanatiques. Je n'avais jamais vu ça. Ils te prennent en photo, viennent jusqu'à ton hôtel. C'est une véritable bousculade. C'est un public très discipliné. Rien à voir avec la France. Andy Hug a pris plusieurs KO, pourtant les Japonais l'adorent. Ici, Dida se fait siffler. Je ne comprends pas ce comportement négatif.

KB : Que penses-tu de Schuster ?
JLB : C'est la coqueluche des abonnés de Canal + et de Levallois. Je pense qu'entre Schuster et moi, ce sera un très grand combat. Un match dur, violent et physique. J'espère que le public sera avec moi. Ce soir là, je ferai sauter la baraque.

KB : Je sais, pour être parti avec toi que Japon, que tu recouvres systématiquement tous les miroirs et glaces de ta chambre avant chaque combat. Pourquoi ?
JLB : (rires) Pour ne pas me regarder. Je ne veux pas voir la réalité en face.

KB : Nombre de combats ?
JLB : 24 combats, dont 20 victoires par KO, pour deux défaites. Bechari en début de carrière et Peter Aerts.

KB : Te reverra-t-on en Kickboxing ?
JLB : En Boxe Américaine, jamais ! Pour le Kickboxing, cela dépendra des propositions. C'est de la Boxe Thaï sans coup de genou. Il n'ya que la distance qui change. On verra bien !

KB : T'intéresses-tu à l'actualité en France ?
JLB : J'ai lu dans ton magazine que Stéphane Reveillon effectuait son retour. Ca m'a fait plaisir. Sinon, bien évidemment je m'intéresse à ce qui se passe en France.

KB : Tu fais partie de cette élite qui ne vit que de la boxe ?
JLB : En France, je pense que nous ne sommes trois. Dida, Dany Bill et moi. Pour les autres, je ne sais pas.

KB : Qu'aimerais-tu ajouter pour conclure cet entretien ?
JLB : Tu es mon ami et un de ceux qui a toujours cru en moi, et je voulais que ce soit dit. Sinon, je souhaite bonne chance aux jeunes qui se lancent.

Reportage : Pascal Igliki.










Le 5 décembre, Jérôme Le Banner, le poids lourds français qui s'exporte le mieux en Asie, s'est envolé pour Nagoya afin d'affronter le Suisse Andy Hug. Impressions de son entraîneur Robert Rite à leur retour. Dans une lettre ouverte, l'entraîneur Rouennais a fait le bilan d'un voyage où les deux hommes ont appris que la boxe n'est malheureusement pas qu'une histoire de boxeurs.

"To be or not to be a champion ?" par Robert Rite

Devenir champion du monde est certainement le rêve de tout compétiteur. Mais être le champion ce n'est pas uniquement être le n°1 de sa discipline. C'est aussi et surtout des moments d'intense émotion, des rires, des larmes et des centaines d'heures de souffrance à l'entraînement. C'est tout cela qui donne sa réelle dimension à ce titre qui fait tant rêver. Enlevez ce contenu et que reste t-il à ce titre ? Rien qu'une simple ceinture de cuir et de métal doré accrochée au mur d'un salon ou rangée au fond d'un placard.

A 22 ans, Jérôme Le Banner croit en la magie d'un titre mondial et n'accepte pas qu'on détruise ses rêves. C'est pourquoi le 9 décembre dernier à Nagoya (Japon) il a refusé de disputer un championnat du monde de kickboxing (Boxe Thaï au Japon). Mais laissez moi vous raconter cette savoureuse anecdote qui a fait gagner à Jérôme l'estime de tous les champions présents (Peter Aerts, Ernesto Hoost, Stan Longinidis, ...).

Le 5 décembre dernier, Jérôme s'envolait pour Nagoya afin de rencontrer la vedette du Seido Kaikan (l´organisation de Mr Ishii) Andy Hug dans les règles du "K-1" (Boxe Thaï sans les coups de coude). Et voilà qu'à 30 minutes de l'affrontement le Président d'une fédération mondiale de kickboxing dont je tairais le nom, convertissait d'un petit coup de baguette magique un simple combat de gala en championnat du monde ! Andy Hug et son team préparaientt cet évènement depuis 2 mois et étaient arrivés au Japon depuis deux semaines déjà. Les organisateurs avaient fait leur promotion et, suprême privilège, le Président de cette fédération mondiale avait fait le voyage pour remettre lui-même la ceinture. Il semblait que les seuls à ne pas être au courant étaient Jérôme et moi-même, son entraîneur. Peut-être était-ce une surprise pour les fêtes de Noël ?

Malheureusement cette surprise (un véritable "cadeau en or" selon ce même cher Président) ne fut pas du tout du goût du team français et nous avons tout simplement décliné cette offre. Nous avons en effet expliqué à tout ce joli monde médusé que Jérôme n'avait pas encore fait ses preuves en boxe thaï et que nous préférions attendre qu'il soit nommé challenger officiel d'un vrai champion même si Andy Hug est un combattant de valeur. En effet, son palmarès reste encore trop juste pour disputer un Championnat du monde. Consterné et fortement contrarié, Mr le Président nous dit avec son flegme typiquement Britannique que notre point de vue était compréhensible mais que Jérôme et moi nous nous préparions quelques désagréments qui pourraient bien venir entraver la carrière sportive du combattant Français.

Par respect pour les boxes pieds-poings et les vrais champions en titre, Jérôme a refusé de marcher dans ce type de combine qui discrédite nos disciplines. J'espère que cette saine réaction fera réfléchir tous les compétiteurs prêts à accepter n'importe quoi et à n'importe quelles conditions pour accéder à un titre trop souvent galvaudé et qui ne représente absolument rien sinon que le manque total de respect pour certaines fédérations pour les boxeurs. Et le sport dans tout ça, me direz-vous ? C'est bien la question que Jérôme et moi nous posons aujourd´hui.

Robert Rite.

Le Banner vs Hug

Après les moments de tension vécus par Jérôme et Robert, l'heure du combat était enfin arrivée. Énervé, le Français a immédiatement matraqué le suisse en coup de genou durant les deux premiers rounds. Hug travaillait ensuite en reculant et en plaçant des techniques de jambe qui n'ont eu d'autre but que de mettre Jérôme à distance. Le Banner passait le turbo et mit le "paquet" dans le dernier round. Le ring se transforma alors en véritable piste de vitesse pour Andy Hug qui courut sans pratiquement jamais livrer un bon enchaînement jusqu'au coup de gong.

Résultat : Hug vainqueur aux points ! Véritable star au Japon et "chouchou" dans le coeur des nippons, le boxeur suisse a sûrement bénéficié de la préférence des juges.







1995 fut une année incroyable pour Jérôme Le Banner qui aura déjà marqué le K-1 de son empreinte.





Source : Karaté Bushido, Pascal Iglicki
Remerciement : CHOKDEEVIDEO

 
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