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Séquence Rétro 1998 : Boxe Anglaise et K-1
10-10-2012

Jérôme Le Banner débute une carrière de boxe anglaise avec le promoteur français, Jean-Christophe Courrèges, puis signe 4 combats avec le célèbre promoteur américain, Don King, qui veut en faire le Mike Tyson "blanc". Jérôme se déplace alors aux États-Unis, en Caroline, et s'entraîne avec le coach de renommée internationale, Don Turner. L'un de ses partenaires d'entraînement n'est autre que le célèbre champion Evander Holyfield.


Le 24 février à Oporto, au Portugal, Jérôme Le Banner effectue ses débuts dans les règles du noble art face au roumain Tudor Panait, face à qui il s'impose par TKO dans la 4ème reprise.

Le 10 avril, il affronte aux États-Unis l'Américain Jerry Reynolds, et s'impose une nouvelle fois par TKO, cette fois-ci dans la 1ère reprise.


Les poids lourds engagés pour le K-1 Braves 98, ont fait vibrer, le 24 mai, le Marine Messe de Fukuoka. Sur les six rencontres proposées aux 25.000 aficionados japonais, cinq n'ont pas dépassé les trois rounds. C'est dans une ambiance toujours "titanesque" que les douze protagonistes ont été présentés au public.

Le Banner bat le Croate Zijo avec assurance

Le staff du K-1 et le clan Français se sont inquiétés pour la santé de Jérôme Le Banner, la veille de son combat. Victime d'une intoxication alimentaire (40°C de fièvre), Le Banner a dû faire un détour par l'hôpital afin d'être remis sur pied. Alité et sous perfusion pendant plus d'une heure et demi, le Français a réussi en une nuit à récupérer. Son adversaire, le Croate "Combat" Zijo, a pu s'en rendre compte de très près.

Le premier round est placé sous le signe de l'observation. Le Banner sonde le Croate tout en le contrôlant avec son direct du droit. Zijo se méfie du punch de Jérôme et préfère boxer en reculant. Le ton s'élève durant la deuxième reprise. Zijo tente de placer un high-kick mais aussitôt, Le Banner envoie ses low-kicks. Le Croate est toujours sur la défensive. Le Banner passe à l'attaque : middle-kicks et séries des deux mains. Zijo a enfin goutté à la frappe du Français. Les choses sérieuses démarrent lors du troisième round. Le Banner a décidé de durcir les échanges. Ses poings percutent Zijo au corps et à la face. Il encaisse sans broncher mais le plus dur reste à venir. Jérôme avance sur le Croate et le "shoote" durement sur la cuisse gauche. Le Français poursuit son pressing et touche avec ses poings. Zijo recule mais la gauche de Le Banner fait mouche. Zijo fait un voyage au sol, l'arbitre préfère stopper la rencontre.

Une victoire convaincante du Français qui rencontrera le 18 juillet à Nagoya l'Australien Sam Greco.






Jérôme Le Banner a comme objectif, pour cette fin de saison, de remporter le K-1 Grand Prix 98. Afin d'arriver à décrocher le prestigieux tournoi Japonais, Le Banner s'est lancé dans la Boxe Anglaise, en complément du Muay Thaï. Pris au jeu, Le Banner espère maintenant réaliser une carrière dans le Noble Art. Notre champion s'est entretenu avec Pascal Iglicki.

Karaté Bushido : Après une saison en demi-teinte, tu reviens en force avec une victoire par KO dans le troisième round, face au Croate Zijo. Que nous réserve Le Banner pour la saison à venir ?
Jérôme Le Banner : La saison à venir sera sans aucun doute meilleure. Mentalement et physiquement, je suis complètement différent. Je pense positif.

KB : Tu viens de te lancer dans la Boxe Anglaise (deux combats victorieux par KO) Comptes-tu effectuer une carrière ou bien est-ce uniquement un complément pour le Muay Thaï ?
JLB : Au départ, j'ai fait ça en complément de la Boxe Thaï. Chez les poids-lourds et notamment dans les rencontres K-1, on utilise énormément les poings. Beaucoup plus que dans les petites catégories. J'ai donc pensé qu'avec une bonne Anglaise, je pourrai faire la différence. Par la suite, je me suis pris au jeu et c'est vrai que maintenant j'envisage une "petite" carrière en Boxe Anglaise.

KB : Avec qui t'entraînes-tu en Boxe Anglaise ?
JLB : Mon manager est Jean-Christophe Courrège et je boxe des des réunions de Don King. Mon entraîneur est Don Turner, l'entraîneur entre autres de Evander Holyfield, Henry Akinwande et de Michaël Grant.

KB : Tu as donc déjà deux combats victorieux à ton actif. Quel effet de monter sur un ring en ne se servant que de ses membres supérieurs ?
JLB : Le premier combat a été difficile car je ne l'ai pas préparé avec des chaussures d'Anglaise, mais des baskets. J'ai uniquement mis les chaussures, pour la première fois, le soir du combat. Une très grosse erreur car je n'étais pas du tout à l'aise. En fait, le premier round s'est bien passé. Lors du second, durant une fraction de seconde, j'ai senti que ma jambe arrière voulait partir. J'ai donc boxé tranquillement et le KO est intervenu dans le quatrième round. Le second combat a été plus expéditif. Auparavant, j'ai effectué un entraînement de dix jours dans le camp de Don Turner avec également Robert Lee. Ils m'ont appris, en plus de la leçon et le sparring, à boxer en relaxation. Avant je boxais trop crispé. Le soir du combat, j'ai boxé comme à l'entraînement, très "cool" et j'ai gagné par KO dans le premier round.

KB : Tu as battu (KO 3ème) le 24 mai à Fukuoka le Croate Zijo. Quelles sensations as-tu ressenties en montant sur le ring ?
JLB : Le retour, je 'lai véritablement effectué avec la préparation et notamment à Marseille avec Ali Sadok. Le jour du combat je n'ai pas eu de problèmes d'adaptation. Ceux qui auront la chance de voir le combat en vidéo verront un autre Le Banner. La Boxe Anglaise m'a apporté un comportement sur le ring, complètement différent. Mon entourage aussi, Karim, Ali Sadok, Turner, Courrège et toi. Ca joue énormément. Être bien dans sa tête avec en plus une bonne préparation donne de très bons résultats.

KB : Lorsque cet article paraîtra, tu auras combattu le 20 juin à Miami en Boxe Anglaise. Par contre, le 17 juillet tu rencontres en match revanche (nul) Sam Greco à Nagoya. Comment vois-tu cette rencontre ?
JLB : Très chaude. Je pense qu'il va essayer de faire comme la première, c'est à dire beaucoup reculer et frapper en low-kicks. Ou alors, il va démarrer dort dès le premier round. De mon côté, je vais le sonder durant la reprise initiale, voir s'il commet des fautes. Je le boxerai et le battrai en fonction de ses fautes. Dès qu'il y aura le trou, j'enchaînerai et je ne le lâcherai plus. Par contre, je boxerai sans aucune agressivité. J'aime bien Greco, comme tous les autres combattants du K-1. Simplement, mon job est de boxer et de gagner.



KB : Même Hoost ?
JLB : Même Hoost. La seule chose, c'est que je n'aime pas la façon dont il danse après avoir mis son adversaire KO. Lorsque, la prochaine fois, je le descendrai, j'effectuerai sa propre danse. Sinon, Ernesto Hoost est un gars bien. Je n'ai aucune animosité envers lui.

KB : Vas-tu enfin, cette saison, battre ta bête noire Peter Aerts, l'actuel numéro un chez les poids lourds ?
JLB : C'est vrai. Je considère également Aerts comme le numéro un. Grâce à mon travail d'Anglaise et ma condition physique, il peut se faire du mouron. Je pense que son heure a peut-être sonné. Je dis cela sans aucune agressivité. Aerts est un mec bien. Je dois simplement le battre.

KB : Ton objectif principal est donc de décrocher le K-1 Grand Prix 98 ?
JLB : Oui, j'ai très faim. Tout va se déclencher après le K-1 Grand Prix. De plus, Courrège est très intéressé par cette compétition.

KB : Pour revenir au K-1 Braves 98 (24 mai Fukuoka), tu as bien failli ne pas combattre ?
JLB : J'ai fait une grosse connerie quatre jours avant en Thaïlande. J'ai mis des glaçons dans toutes mes boissons. Tout allait bien jusqu'à la veille du match où je me suis senti très mal. J'ai eu une montée de température et je me suis vidé (perte de cinq kilos) en l'espace d'une journée. Après la conférence de presse, j'ai été emmené directement à l'hôpital pour me faire soigner. Ali Sadok s'est occupé de moi comme une mère. Le lendemain, j'ai donc boxé et gagné.

KB : Tu es une très grande star au Japon. Mais n'aimerais-tu pas boxer un peu plus souvent en France ?
JLB : Oui, j'aimerais bien combattre en France. Il y a deux promoteurs (Sami Khebchi et Erick Roméas) qui peuvent me faire combattre sur l'Hexagone. Surtout Sami Khebchi, qui malgré tout ce qui a pu être dit, est un type que j'aime bien et je pense que lui aussi m'aime bien. Mais malheureusement, on arrive pas à s'entendre. Pas sur le plan financier mais sur la gestion de ma carrière. Sami voulait que je fasse de l'Anglaise avec Louis et Michel Acariès. J'aime beaucoup Louis et Michel. Ils m'ont toujours bien reçu, notamment lorsqu'ils m'ont invité aux USA. Mais j'ai préféré m'engager avec Jean-Christophe Courrège. Pourquoi ? Chez les poids-lourds, tout se passe aux États-Unis et pas en France. C'est uniquement pour cette raison que Sami a décidé de ne plus me faire boxer. Il n'y a jamais eu de problème de bourse entre nous. Je ne suis pas plus cher qu'un Roufus que j'ai battu par KO. J'aimerais également combattre à Marseille.

Reportage : Pascal Iglicki

Mon conseil
Si l'on a passé une mauvaise saison il faut savoir se remettre en question. Il ne faut jamais lâcher. Une bonne préparation, un mental de vainqueur et un bon entourage sont les clés de la réussite


Le 20 juin à Tallahassee, en Floride, pour son 3ème combat en boxe anglaise, Jérôme Le Banner remporte une nouvelle victoire en mettant KO dans la 4ème reprise l'Américain James Henderson.


Le 18 juillet a lieu le K-1 Dream 98 qui se déroule devant plus de 50 000 spectateurs au Dôme de Nagoya, un évènement qui oppose une Dream Team Karaté à une Dream Team Kick-Boxing, deux formations composées de ce que l'on fait de mieux chez les super-lourds, dans le monde.

Deux rounds d'anthologie entre Le Banner et Greco

Un combat qui a été d'une rare violence et d'une intensité extrême." Depuis 22 ans que je suis dans le métier, je n'ai jamais vu, toutes boxes pieds/poings confondues, un combat d'une telle sauvagerie. Greco a combattu comme un Titan mais Le Banner comme un Dieu" dixit Norbet Schiffer, directeur du magazine allemand Budo Karaté.

Sam Greco se présente le premier sur le ring. Son visage montre une très grande détermination. Pour ce combat, l'Australien s'est spécialement préparé pendant un mois au Japon. Il est sûr de vaincre le Français par KO. A son tour, Le Banner rejoint l'enceinte de combat. Il est accompagné d'Ali Sadok, Rani Berbachi mais surtout de Don Turner entraîneur du champion du monde des poids lourds en boxe anglaise, Evander Holyfield. Lors des recommandations de l'arbitre, le regard des deux kickboxeurs n'est pas des plus amicaux. La tension qui règne sur le ring est électrique.

Au gong, Greco se jette comme un fauve sur Le Banner. L'Australien a décidé d'en finir vite. Au bout de 25 secondes, un high-kick touche Le Banner sur le cou. Le Français fait l´ascenseur et est compté "huit". Ça repart et de plus belle. Le Banner, qui a récupéré, réplique à son tour avec de dures séries aux poings. Greco ne lâche pas prise, bien au contraire et pique une seconde fois Jérôme, mais cette fois-ci avec ses poings. Le Banner est compté une deuxième fois dans ce premier round. La minute de repos arrive à point pour le Français. Les 50 000 spectateurs retiennent leur souffle.

Tout le monde pense que Greco va conclure dans le deuxième round, mais c'est sans compter sur le mental de guerrier de Le Banner. Ce dernier attaque la reprise en prenant le contrôle des opérations. Il passe ses low-kicks, middle-kicks et deux high-kicks. Tel le phénix qui renaît de ses cendres, Le Banner est magnifique. En danger quelques minutes plus tôt, c'est lui qui maintenant malmène Greco. Un crochet du droit touche Greco au corps. Le public est debout. Jérôme enchaîne avec une terrible gauche à la face et pour conclure un crochet du droit à la tempe. Complètement électrocuté, Sam Greco s'écroule pour le compte. Un combat qui à coup sûr, restera dans les annales du Muay Thaï.






Le 19 septembre au Georgia Dôme d'Atlanta, où se déroule le championnat du monde WBA de boxe anglaise poids lourds, qui oppose le champion du Monde Evander Holyfield à son compatriote Vaughn Bean, a lieu le choc entre le brésilien Espedito Da Silva et Jérôme Le Banner pour le titre mondial WKN de muaythai poids super-lourds. Dès le premier round, en moins de 40 secondes, Le Banner s'impose par KO sur un magnifique high-kick.

Le 19 septembre 1998 restera à jamais une date importante dans l'histoire de la boxe pieds-poings et notamment de la boxe Thaï. Pour la rpemière fois de son histoire, le Muay Thaï était aux Etats-Unis, au programme d'un Championnat du Monde de Boxe Anglaise et qui plus est, dans la catégorie reine, celle des poids lourds. L'évènement s'est passé à Atlanta, au Georgia Dome, lors d'une production du célèbre et fantasque Don King. Si, bien évidemment, le match phare de cette réunion était la rencontre entre Evander Holyfield/Vaughn Bean, pour la ceinture WBA, la grande "attraction" était le Championnat du Monde WKN de Boxe Thaïlandaise entre Jérôme Le Banner et le Brésilien Espedito Da Silva. N'en déplaise à certains, Le Banner est en passe de devenir une très grande star aux USA. Pour préparer cette échéance, notre poids lourd national est parti trois semaines dans le camp de Holyfield, afin de se préparer en compagnie de son entraîneur Ali Sadok.

Durant cette période, Jérôme a alterné les séances de paos, pour la Boxe Thaï et les leçons ainsi que le sparring avec Don Turner et l'incontournable Ali Sadok, pour la Boxe Anglaise. Au cours de cette préparation de spartiate, Le Banner a croisé les gants avec des sparrings de renom comme : Larry Donald et Michaël Grant (challenger au titre mondial).

Lors de la pesée (le jeudi 17), l'intérêt que les médias et le gratin de la Boxe mondiale portaient à Jérôme Le Banner, prouve que les Américains le prennent très au sérieux. Le jour J, Le Banner ne semble pas trop perturbé. Chez lui, l´appréhension n'existe (presque) pas. Ce n'est pas le cas d'Espedito Da Silva. Détendu depuis son arrivée à Atlanta, le Brésilien a le masque des mauvais jours. Il est terriblement tendu.

Il est dix-huit heures et quarante cinq minutes. Les deux protagonistes au titre mondial WKN montent tour à tour sur le ring. Da Silva est le premier à rejoindre l'enceinte de combat, aussitôt imité par le Français. Le chaîne de télévision ShowTime met ses caméras en route car le match doit être diffusé (en direct et sur écran géant) juste avant le choc Holyfiled/Bean. Après les dernières recommandations de l'arbitre Billy Muray, la rencontre peut démarrer. Tout de suite Le Banner lâche un low-kick, puis un second. Da Silva tente de répliquer aux poings mais Jérôme passe de nouveau à l'offensive. Il passe un crochet au corps, se décale et envoie un high-kick qui percute le Brésilien à la carotide. Instantanément, Da Silva s'écroule au sol pour le compte. Durant la décision et la remise de la ceinture, Don King se précipite sur le ring pour féliciter Le Banner et annonce à qui veut l'entendre que les poids lourds devront dorénavant se méfier du "frenchie". Un bel hommage de la part du plus grand promoteur de Boxe Anglaise au monde.

Jérôme Le Banner détient donc à ce moment les titres ISKA et WKN, deux des plus prestigieuses fédérations mondiales.






Jérôme Le Banner effectue le 14 novembre, à L'Espace François Mitterrand de Mont-de-Marsan, un nouveau combat en boxe anglaise. Dès le début, Jérôme Le Banner a pris la mesure de son adversaire (compté dans le premier round sur uppercut du gauche), plaçant de terribles gauche-droite au visage. Pour son premier combat en Anglaise sur le sol français depuis qu'il a signé avec Don King, Jérôme n'a pas eu de chance : son adversaire, le poids lourd hongrois Ferenc Déak a boxé tête baissée pendant deux rounds. Très logiquement, le Hongrois a été disqualifié.





Une année 1998 de succès entre combats de Boxe Anglaise, de Kickboxing et de Muay Thaï.





Sources : Karaté Bushido, Pascal Iglicki
Remerciement : CHOKDEEVIDEO

 
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